Les séries des Équivalences ainsi que celle des Séquences qui les ont précédées sont présentées pour la première fois au Carré Amelot en septembre 2020 ; elles ont été réalisées entre 1978 et 1982.

Elles marquent le début d’un parcours artistique singulier qui s’attache ici à la fois à porter un regard poétique sur le monde et à questionner le medium photographique. Elles constituent le prélude d’une aventure plasticienne qui durera plus de 40 ans jusqu’à la disparition de l’artiste en février 2019.

Ces œuvres transposent en quelque sorte le principe du haïku dans le domaine visuel. Elles déclinent un regard sensible porté sur le réel où les images rendent compte d’un imaginaire attentif à ce qui nous entoure au quotidien.

Exposition rétrospective sur 3 sites : 
– Centre Intermondes : Le Souci du monde
– Chapelle des Dames Blanches : Dess(e)ins
– Carré Amelot : Séquences et Équivalences
La galerie du lycée René-Josué Valin présentera aussi Par la fenêtre.

En savoir plus

 

Série des Équivalences (1978-1982)

« Dans ses Équivalents (1923-1932), Alfred Stieglitz montrait des fragments de ciel photographiés comme l’aboutissement d’une contemplation. Tout autres sont celles de François Méchain : pour ces dernières c’est l’idée même de contemplation qui est ironiquement déclinée et qui passe par tous les effets photographiques. L’extase est ici d’abord celle d’une praxis qui se montre et d’une culture qui se joue des regards béats, arrêtés sur le beau et sur le vrai… Ses Équivalences surprennent les différences qui se nouent entre le monde et le monde photographié… Ce sont des métaphores qui déplacent les habitudes visuelles et les réels sous d’autres horizons… L’Équivalence propose, avant de la renier une image du déjà-vu… L’Équivalence est une liberté de mesure. Elle s’offre comme une table d’opérations : elle soustrait les profondeurs de champ, multiplie des angles de prises de vue, additionne des cadrages et divise le réel pour en faire une image calculée… Voici les mondes, voici la photographie. Le photographe nous invite au beau quand tout son travail consiste à montrer comment on y fait croire et combien il est relatif. C’est que le beau d’aujourd’hui ne se limite pas aux parures et aux certitudes d’un cadre supérieur du réel ; le beau d’aujourd’hui est pensif. »

Frédéric Lambert, sémiologue, enseignant chercheur, professeur en Sciences de l’information et de la communication, Université Paris 2 Panthéon-Assas (IFP) Laboratoire CARISM, 1989, in Les Paysages de l’improbable, éditions Marval, Paris


François Méchain

Photographe et sculpteur nomade, sculpteur nomade et photographe, concepteur d’installations, François Méchain, né en 1948 en Charente-Maritime, a vécu et travaillé en Charente. Il est décédé en février 2019.

De 1969 à 1974, il a étudié à l’École Nationale des Beaux-Arts de Bourges.

De 1977 à 2010, il a enseigné la photographie et l’histoire de la photographie à l’École Supérieure d’Art et de Design de Saint-Étienne. Il a été Intervenant à l’Université Jean-Monnet de Saint-Étienne, de 1997 à 2008. Il a collaboré avec l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Saint-Étienne de 2008 à 2010 et avec l’Université de Provence.

En 1990, il a obtenu le prix « Léonard de Vinci » du ministère des Affaires Étrangères pour son projet au Québec ; en 1991, la bourse FIACRE de la Délégation aux Arts Plastiques, pour celui du Crestet, et la bourse de recherche au Banff Art Centre du Gouvernement Canadien.