Le corps n’est plus l’incarnation irréductible de soi, mais une construction personnelle, un objet transitoire et manipulable susceptible de maintes métamorphoses selon les désirs de l’individu… David Le Breton, sociologue, Imaginaire de la fin des corps.

Corinne Mariaud s’intéresse à la représentation des corps et son travail de photographe questionne les codes sociaux, le paraître, la féminité, la place de la femme dans la société, les stéréotypes de genre.

La série FAKE i REAL ME, réalisée en Asie (Singapour, Séoul, Tokyo), est basée sur des portraits de jeunes femmes ayant eu recours à la chirurgie esthétique et utilisant maquillage, lentilles de contact, coloration de cheveux pour ressembler à leur idéal de beauté, et des portraits de jeunes hommes dénommés « Flower Beauty Boys”, se maquillant et se donnant une apparence androgyne.

Ce besoin de perfection est influencé par la pratique intensive du selfie et sa retouche sur les Smartphones. Ils veulent ressembler à cette image retouchée et parfaite. Le physique est manipulé comme une photographie retouchée.

Chaque modèle regarde l’objectif bien en face et exprime une forte conscience de son apparence et de sa représentativité.

Les jeunes hommes de la série Flower Beauty Boys s’éloignent des codes habituels de la masculinité et prennent de la distance par rapport au diktat de la société autour de la virilité. Au japon, certains se revendiquent d’une tendance, le genderless Kei ou style ‘sans genre’, non binaire.

Ces deux ensembles photographiques font surgir toute l’interrogation sur une certaine représentation de la beauté, idéalisée et mondialisée et sur cette frontière que questionne le genre aujourd’hui.

Corinne Mariaud a travaillé sur cette série pendant deux ans, voyageant entre Singapour, le Japon et la Corée du Sud, recherchant ses modèles à travers les réseaux sociaux.

Pour en savoir plus

Corinne Mariaud, née en 1964, est artiste photographe, elle vit et travaille à Paris.

Elle a suivi des études supérieures d’art à l’ENSAP Duperré et a ensuite commencé comme directrice artistique dans la publicité, puis assistante réalisatrice dans le cinéma, avant de définitivement choisir la photographie.

Elle travaille ensuite pour la presse magazine, tout en développant une recherche personnelle qu’elle expose dans des centres d’art, des festivals et des galeries.

Son travail est une réflexion sur la résistance de l’individu face à différentes formes d’oppression sociale, aux stéréotypes sur le féminin et le masculin.

Fake i Real Me et Flower Beauty Boys explorent le diktat de l’apparence, les stéréotypes de genre, les nouvelles masculinités.

Fake i Real Me, prix ARTE Actions Culturelles aux Boutographies, a été exposée à Shanghai en 2018, à Singapour au Singapore ArtScience Museum, 2017, à l’Alliance Française de Singapour, 2018, en solo show au Luxembourg par l’Institut Français lors du Mois Européen de la Photographie 2019, aux Transphotographiques à Lille 2017…)

Flower Beauty Boys a eu le 2d prix « Pride Photo Award 2019 » à Amsterdam et a été sélectionné pour être projeté lors de la semaine d’ouverture aux Rencontres d’Arles 2020

 

Ses séries précédentes (Trophées, Climax, Désordre, I Try So Hard, Je ne suis pas un homme) questionnent la place de la femme dans la société, l’assujettissement des corps.

I Try So Hard a été exposé à l’Alliance Française de Singapour en mai 2016.

Le travail de Corinne Mariaud a été sélectionné à deux reprise pour Voies Off, en Arles avec ses séries Climax et Je ne suis pas un homme. La série Désordre a été exposée en septembre 2018 à l’Alliance Française de Singapour.