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L'art a suivi au cours des siècles passés, un mouvement d'intellectualisation
qui l'a conduit vers toujours plus d'abstraction. Ce processus a
scindé l'art en deux courants opposés : un art qui est de plus
en plus intellectualisé et un art qui développe un savoir faire
et un rapport à l'expression des émotions. Mais aussi paradoxal
que cela paraît, l'un et l'autre plongent de plus en plus profondément
dans la matière, tant il est vrai que les extrêmes se rejoignent.
C'est ainsi que l'art est devenu structurellement et idéologiquement
matérialiste.
De nos jours, il traduit davantage les pulsions de l'ego que les
aspirations de l'être. L'art doit être régénérateur de l'être dans
sa totalité et pour cela il doit puiser son inspiration dans les
archétypes naturels, universels et collectifs, plutôt que de mettre
des archétypes plus communs en avant. Chacun peut constater que
l'activité humaine a des effets de plus en plus nocifs et dégradants
sur l'environnement. La protection de la nature, est devenue une
question de citoyenneté, de plus elle se pose désormais sur un plan
mondial. Ceci est d'autant plus important que le concept même de
nature a changé et que l'homme s'en trouve partie prenante :
on ne peut plus parler aujourd'hui de nature en soi. La nature sera
donc ce que l'homme voudra qu'elle soit. L'art est donc une co-élaboration
entre le physique et le social et entre nature et culture. |
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